Le vent se lève – Studio Ghibli

Je m’aventure à nouveau par ici pour parler d’un film d’animation produit par le Ghibli. Je me suis attardé seulement sur le tombeau des lucioles, il y a plus de 5 ans et je n’ai pris le temps de revenir en parler ici. Mais, je me dis que c’est tout à fait compréhensible car depuis, je n’avais pas (re)vu un seul film du studio. Cependant, j’ai rafraichi ma mémoire récemment avec plusieurs titres, mais je me suis dit que j’allais franchir le pas avec celui-ci car contrairement à la plupart des autres, je ne l’avais pas vu et je n’avais pas envie de le voir, au premier abord. Je me souviens d’avoir rechigné à aller le voir au cinéma à sa sortie.

Synopsis :

Il s’agit d’une biographie libre de Jirō Horikoshi qui est le célèbre concepteur du chasseur « Zero ». Miyazaki croise cette histoire avec un roman autobiographique de Tatsuo Hori appelé également le Vent se lève. Le film se déroule en plusieurs périodes qui vont de l’enfance au début des années 1910 pour se conclure avant l’entrée en guerre du Japon lors de la 2nde Guerre Mondiale. C’est également l’histoire du romance au long court entre l’ingénieur et Nahoko Satomi, une jeune fille de la bourgeoisie japonaise qu’il rencontre par hasard dans un train en allant à Tokyo.

 

Appréciation globale :

Ce choix de Miyazaki de parler de Jirō Horikoshi est audacieux à plusieurs égards. Pour moi, même si les films Ghibli sont pour tous les âges, j’ai trouvé ce dernier beaucoup plus adulte dans les thématiques abordées. Il choisi d’avoir de s’ancrer dans la réalité en amenant le merveilleux par le biais d’un monde onirique où Jirō rencontre son mentor spirituel, Giovanni Battista Caproni, ingénieur italien en aéronautique. Le fait d’avoir une biographie fait que l’on a plusieurs bonds dans le temps en utilisant souvent Caproni. Ce choix de travail de transition est intéressant mais le résultat n’est pas toujours une réussite. Même si cela arrive dans d’autres titres, l’aventure est beaucoup plus compactée dans le temps qu’ici.

Il y a également un point central qui touche à la dichotomie entre un auteur ayant des positions pacifistes et le fait de présenter un avionneur qui comme lui ne fait que rêver de beaux avions mais fait construire des engins de mort.

La romance n’est pas centrale du récit mais je l’ai trouvé très agréable et légère à défaut d’être réaliste.

Enfin, l’ancrage dans une période historique que l’on voit peu par chez nous avec un grand travail sur la représentation de la société japonaise de l’époque est très agréable.

Point particulier, je n’ai pas apprécié le timbre de voix du seiyuu de Jirō adulte, ça m’a un peu dérangé tout le long du film.

Avis personnel :

(/! il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

L’histoire débute avec un sentiment doux-amer d’un Jirō qui se rend compte (en fait, c’est plus pour le signaler au spectateur) qu’il ne pourra pas faire une carrière de pilote comme il pouvait l’espérer dû à sa mauvaise vue. Cependant, loin de totalement décourager l’enfant, ce dernier, toujours aussi admiratif des avions essayera donc d’être ingénieur aéronautique. Et on a dès ce départ un point important dans le passage onirique qui, correspond, je pense, aussi à la vision que l’aviation qu’à Miyazaki : « les avions ne sont faits ni pour la guerre, ni pour les affaires, les avions sont de beaux rêves auxquels les ingénieurs donnent une forme ».

On enchaine avec le séisme du Kanto en 1923 qui a un rendu digne des pires catastrophes dans le film que ce soit par l’effondrement des maisons, le train qui est a deux doigts de dérailler et va exploser puis les différentes répliques. Les réfugiés sont partout et l’incendie frappe la ville. Je ne crois pas avoir déjà vu ce genre d’expérience/traitement réalisé dans l’animation japonaise avec un tel sentiment d’impuissance et de nostalgie.  C’est ici que débute l’histoire entre Jirō et Nahoko.

Ca parle également rapidement de la crise de 29, je suppose, et de l’entrée de Jirō au sein de Mistubishi où il rejoint un de ses anciens camarades de classe, Honjō. Là, on prend de nous montrer toute l’investissement et la passion de Jirō pour l’aéronautique et son voyage en Allemagne pour étudier l’aviation allemande beaucoup plus avancée que la japonaise dont l’écart semble difficile à combler au premier abord.

Alors que Jirō part se reposer à la campagne après l’échec de son dernier avion. Le vent le réunit avec Nahoko. Il s’agit alors d’un long tunnel romantique léger et charmant, une sorte de pause enchantée qui permet aussi à Jirō de voir ce qui se passe autour de lui, de vivre la vie, de se rendre compte peut-être pour la première fois qu’il y a d’autres choses importantes que son travail dans la vie (et notamment ici le côté sentimental qui s’incarne par Nahoko et mais que l’on pourrait également étendre à sa famille). C’est un bel été. La maladie de Nahoko est déjà là, mais ce n’est qu’une pluie passagère dans ce cadre idyllique propice à l’amour.

Si le retour à la réalité est douloureux, il est d’autant plus que la police politique recherche Jirō pour l’interroger, voyant en lui un possible dissident politique. Il doit vivre en partie caché chez un de ses supérieurs. Et la suite devient douce-amer, le couple est fusionnel et bien que sa maladie la ronge, la jeune fille souhaite rester auprès de Jirō car les bientôt époux ne supportent pas d’être séparés. Elle quitte le sanatorium et scelle par là, silencieusement sa mort. Cet amour qui a mis du temps à se mettre en place prend tout d’un coup des proportions étonnantes et cherche à consommer tout ce qu’il est possible de l’être car même s’ils n’en parlent pas, ils savent que le temps est compté. J’ai trouvé cela superbement retranscrit, ce sentiment d’urgence absolue qui l’habite quand il apprend que Nahoko a craché du sang où il part immédiatement pour Tokyo, les larmes aux yeux et ne peut s’empêcher de penser au pire tout en essayant d’occuper son cerveau en travaillant. Elle qui veut guérir pour lui et part donc au sanatorium mais ne peut finalement vivre aussi éloigné de lui. Tout ce qui est les lie après cet été enchanté est encore plus beau et mélancolique. Leur temps ensemble sera fugace alors il leur est d’autant plus précieux.

Et l’achèvement d’une chose entre celui d’une autre… Ikite, vis ta vie ! Même si la plus belle des deux a disparu.

Il est donc pour moi, un film parmi d’autres du studio, c’est-à-dire, un film à voir et à revoir !

Arck,


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