Les Guerriers du Silence (trilogie) – Pierre Bordage

Le problème quand on lit des bouquins de plus de mille pages, c’est qu’on ne peut pas être particulièrement actif par ici, surtout quand on fait plein de choses à côté. Je n’ai également pas pris le temps de parler de l’intégrale du monde fleuve que j’ai fini dans l’été ni des Jardins de la Lune. Il faut dire que je suis tombé sur différents ouvrages qui ne m’ont pas forcément donné envie de lire. D’autre part, j’avoue qu’en ce moment, j’ai bien moins l’envie par rapport à auparavant d’alimenter mon blog. Mais je vais essayer d’être plus présent l’année prochaine.


 Avant-propos :

Pierre Bordage, c’est un auteur dont je connais l’existence depuis longtemps. Ma sœur aime beaucoup ce qu’il a écrit. De mon côté, je suis totalement passé à côté de l’écrivain, et ce, pendant un bon moment. Lecture de sa jeunesse, il est maintenant que j’y pense assez bizarre que je n’ai point partagé avec elle cette lecture à ce moment-là comme ce pu être le cas avec d’autres. C’est finalement, lorsque j’ai eu l’occasion de rencontrer le bonhomme l’année dernière durant les Utopiales, que j’ai profité de la sortie d’une édition intégrale fêtant les 20 ans de la présente série, pour sauter le pas.

Auteur : Pierre Bordage

Né en 1955 en Vendée, il est au fil du temps devenu une des grandes figures françaises de la littérature dite de l’Imaginaire. Enfant déçu de la religion catholique mais pas de spiritualité, il s’inspire fortement de ses voyages et lectures en Inde pour construire ses univers. Après avoir fait beaucoup de voyages et métiers, il commence à raconter les aventures de Rohel le conquérant qui lui apporte une certaine structure. De celles-ci, il passe au Guerriers du Silence, puis à de nombreux autres ouvrages qui finissent par lui permettre de devenir écrivain à plein temps. Il sort à l’heure actuelle environ un volume par an.

Présentation de l’intégrale :

  • Les Guerriers du Silence (1993) – Grand prix de l’Imaginaire & Prix Julia-Verlanger en 1994
  • Terra Mater (1994)
  • La Citadelle Hyponéros (1995) – Prix Cosmos 2000 en 1996
  • Le Pacte (2012)

Le Pacte est une prélude de quelques pages placée donc au début de livre même si elle a été écrite en dernier.

Synopsis (éditeur) :

Quelque cent mondes composent la Confédération de Naflin, parmi lesquels la somptueuse et raffinée Syracusa. Or, dans l’ombre de la famille régnante, les mystérieux Scaythes d’Hyponéros, venus d’un monde lointain, doués d’inquiétants pouvoirs psychiques, trament un gigantesque complot dont l’instauration d’une dictature sur la Confédération ne constitue qu’une étape. Qui pourrait donc leur faire obstacle ? Les moines guerriers de l’ordre Absourate ? Ou faudrait-il compter avec cet obscur employé d’une compagnie de voyages, qui noie son ennui dans l’alcool sur la planète Deux-Saisons ? Car sa vie bascule le jour où une belle Syracusaine, traquée, passe la porte de son agence…

Appréciation globale :

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit. Il y a, à la fois un univers assez touffu avec de nombreux personnages et point de vue, mais également une sorte de faux-rythme qui a fait que je suis par exemple vraiment rentrer dans le 1er tome dans les 100 dernières pages. Ensuite, au fur et à mesure de l’aventure, on nous introduit de nouveaux points de vue. Je n’ai apprécié aucun personnage au premier abord. Les « incarnations » ont dû être multiple avant que je puisse les apprécier et certaines aventures n’ont pas été agréable de suivre pour moi.

L’univers est vaste avec une certaine diversité d’éléments qui s’articulent autour de l’histoire mais également au travers un triptyque omniprésent : spiritualité, oppression, sexe. On se sent alors rapidement en terrain connu mais ça frise presque la caricature.

Mon avis est donc très mitigé sur cette trilogie.

Avis personnel :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

Le Pacte

Il s’agit de la première rencontre entre un Scaythe d’Hyponéros, Pamynx et les Syracusains, en tout cas, d’une rencontre assez politique plus qu’il s’agit de discussion avec Muffi Barrofill XXIV qui va amener à leur collaborer. Du moins, un marché vicieux car il propose à la fois d’immiscer au sein de la cours, la maladie et le remède, les Scaythes qui fouillent et qui protègent les pensées (inquisiteur/protecteur). Vu qu’ils ne souhaitent rien, on les trouve quand même étrange et on se demande quel est leur objectif. J’avoue que j’ai été étonné que le Muffi accepte.

Les guerriers du silence

On commence par prendre la température et l’ambiance du centre du monde connue à Syracusa, capitale où fourmillent les intrigues. Nobles, courtisans, se rassemblent autour de leur empereur et de la religion kreuzienne. On fait rapidement la connaissance de deux des personnages principaux avec Aphykit et Tixu Oty. Leur rencontre va un peu tout déclencher pour le pauvre Tixu qui était un simple employé : fuite de Deux-Saisons pour Point Rouge, course dans le temps et l’espace pour sauver Aphykit…

J’ai eu un peu de mal à m’accrocher au Tixu. Peut-être parce que c’est vraiment l’archétype du looser au début du récit. D’autre part, l’expérience mystique sur Deux-Saisons avec les crocodiles, Kacho Marum et les prophéties, j’avoue que ça n’a pas été mon truc. Je n’ai pas trop aimé aussi le triangle amoureux autour d’Aphykit.

Durant tout ce volume, j’ai eu du mal à apprécier les personnages et leur évolution. J’ai commencé vraiment à apprécier Tixu lorsqu’il arrive sur Selp Dik. Lorsque le héros commence à se réaliser (robot exterminateur avec son ADN) et que l’on commence à voir poindre un « méta-enjeu » avec la prise de pouvoir de Menati Ang et la destruction du monastère absourate. Le fin de Filp Asmussa est une formalité, presque pathétique. Le personnage est néanmoins intéressant pour mieux comprendre le fonctionnement interne de l’Ordre et également le poids du meurtre du mahdi Seqoram.

Du côté de Shari et le fou des montagnes, je ne comprenais pas trop l’idée, si ce n’est de montrer une nouvelle fois l’obscurantisme et l’oppression du pouvoir religieux. Les prêtres sont néanmoins les prémisses des Scaythes tueurs et effaceurs.

Terra Mater

Saut dans le temps. Ce saut comme celui qui se fait entre le tome 2 et 3, je l’ai reçu assez brutalement. Il est amené de manière à ce qu’il soit compréhensible directement plus qu’il est montré dans le prologue. Je pense que cela vient du fait qu’à la fin du tome 1, pour moi, rien n’était achevé alors ça m’a fait bizarre de me trouver projeter presque une dizaine d’années plus tard.

On enchaîne rapidement et la narration se concentre essentiellement sur Jet At-Skin, jeune enfin qui va vivre de sacrés aventures. J’ai eu beaucoup de mal à apprécier le personnage, je pense que comme Tixu, j’ai dû attendre la fin du tome. Cependant, je l’ai trouvé sans grand intérêt ensuite (tome 3) alors que j’ai toujours eu ensuite, une sorte de manque de mon héros initial, Tixu. Son aventure est enrichissante plus que l’on se déplace sur de nombreux mondes, on rencontre les jersalémiens… Bordage arrive à créer de la tension tout au long du récit autour du personnage par la présence de Marti et de sa possession par un germe scaythe dont les propriétés sont assez opaques. J’ai beaucoup apprécié le passage sur Jer Salem avec San Francisco et Phoenix et la migration par le biais des xaxas.

Du côté de Shari, sa rencontre avec Oniki Kay est un peu étrange et la relation de surveillance bienveillante, d’amour avec cette étrange distance était intéressante. Le problème est que je n’ai pas suivi avec intérêt les déboires d’Oniki. Je mets surtout en cause la narration. Sa planète, Ephren, est une superbe idée, elle a fait marcher mon imagination à 100 à l’heure, avec ces escalades le long d’orgues.

Ce qui se passe sur Syracusa est étrange, on observe un glissement doux et insidieux vers l’inéluctable sans lutte. Les sauts dans le temps entre le Pacte, et Les Guerriers du Silence ont fini par venir à bout de la faible résistance. Le confort, la croyance dans quelque chose que l’on contrôle détruit toute volonté de combattre, mais surtout de réflexion sur la toxicité de ce pacte. Cela a été réfléchi en termes de pouvoir, de contrôle, d’oppression sur les peuples. Pourtant, ce sont pas les puissants qui gèrent ce pouvoir. Il a une volonté propre. Finalement, on n’est pas si loin des peurs autour des intelligences artificielles et de leurs propres traités où ils ont les banni quelques siècles plus tôt. En ayant une apparence plus humanoïde, ils ont réussi à endormir progressivement les humains.

La Citadelle Hyponéros

C’est parti pour un combat pour l’Humanité. Rapidement Shari et Jek découvre qu’il faut être 12 pour pouvoir réussir. Tixu, Aphykit, Yelle, Jek et Shari, ça fait 5. Sauf que par une facilité déconcertante San Francisco et Phoenix sont de la parti, ainsi qu’Oniki et son fils, Tau Phraïm. Je dis facile, parce que la majorité des personnages sont déjà introduits et que je n’ai pas trouvé l’explication de leur élection comme étant convaincante. Il n’en manque plus que 3. Fracist Bogh fera un excellent complément. En plus, il fait parti des personnages qui évolue le plus durant la série (c’est un bon choix). Puis, on rajoute 2 personnages Whu Phan-Li et Ghë que l’on va suffisamment développer dans ce tome pour qu’ils incarnent ces deux derniers guerriers du silence.

Je n’ai pas réussi à m’imprégner du personnage de Ghë. C’est peut-être du fait qu’étant dans l’El Guazer, elle est complètement déconnectée de l’autre partie de l’humanité. En tout cas, j’ai suivi avec peu d’intérêts les péripéties du vaisseau. Cela ne veut pas dire par exemple, que j’ai trouvé Whu Phan-Li beaucoup mieux. L’un comme l’autre, ont un bouleversement de leur existence par le biais d’une oracle, d’une prophétie à accomplir. Je pense que le retournement de Whu Phan-Li vers ses origines et l’Ordre Absourate plus logiques, même si son aventure avec la shaman, m’a limite fait tomber le livre des mains.

Le découpage du récit fait monter la pression et l’urgence ce qui fait que l’on a vraiment envie de connaître la suite surtout tout ce qui est autour de Shari et de la libération du quatuor cryogénisé sur Syracusa. La tension monte à son paroxysme lors de la courte confrontation avec le connétable, après, j’ai eu quand même l’impression que c’était les doigts dans le nez.

La courte présence de Tixu, du moins jusqu’à sa fusion avec l’Hyponéros, est très agréable. Ensuite, c’est techniquement pas bête la manière de faire marcher le récit, mais c’était chiant à lire.

On a aussi pas mal d’actions sur Ephren avec la présence d’oiseau pour dénicher Tau Phraïm et sa mère. Puis, Shari qui se bat contre les mercenaires de Pritiv.

La fin est attendue et sans surprise. L’épilogue montre que les choses vont finalement se poursuivre, presque comme si rien ne s’était passé. De nouveaux cultes vont se mettre en place, Syracusa va continuer de dominer le monde et peu à peu, ce qui reste des guerriers du silence va finir en légende pendant que Tau Phraïm gardera les annales inddiques jusqu’à ce que l’humanité en ait besoin à nouveau.

Arck,


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