Le Vagabond des étoiles – Jack London

 Avant-propos :

Comme je l’avais dit dans un article précédent, je souhaitais voir un peu plus d’autres ouvrages que Jack London avait écrit et autres choses que sur le Grand Nord. Voici donc quelque chose d’assez particulier plus qu’il s’agit d’un roman autour du milieu carcéral en tout cas au premier abord. Ayant lui-même connu la prison et sensibilisé par un certain Morrell des déboires d’Oppenheimer, Jack London développe ici une histoire pour dénoncer les conditions de rétention des prisonniers. De plus, il en profite pour intégrer diverses nouvelles rédactions d’anciennes nouvelles non-retenues ou en cours de travail.

Même si le récit développe le transhumanisme, Jack London l’utilise ici comme un artifice servant sa cause et ne pense aucun traître mot de cela.

Ma chère maman, voici tout l’argument de ton parti selon lequel seul ‘l’esprit persiste tandis que la matière périt. Je me sens très coupable de l’avoir écrit car je n’en crois rien. Je crois que l’esprit et la matière sont si intimement liés qu’ils disparaissent ensemble quand la lumière s’éteint.

Auteur : Jack London

Né, John Griffith Chaney en janvier 1876 à San Francisco. Il grandit chichement et découvre la littérature par le biais de la bibliothèque municipale d’Oakland en 1885. Il enchaine les petits boulots sous payé avant d’entamer quelques études supérieures dont il met fin pour partir dans le Nord lors de la ruée vers l’or. Cependant, il n’a pas l’occasion de s’enrichir de cette façon mais recueille par contre de nombreux témoignages qui lui seront utiles pour plus tard. Il continue de voyager de part le monde et il meurt une longue maladie qui va l’amener à dépérir jusqu’en novembre 1916.

Auteur particulièrement connu pour ses ouvrages d’aventure dans les contrées sauvages du Nord avec des titres comme L’Appel de la forêt ou Croc-Blanc, il n’en reste pas moins quelqu’un de très prolifique avec beaucoup d’ouvrages beaucoup moins connus toujours dans la même thématique avec des nouvelles telle Construire un feu. Mais son engagement socialiste et notamment dans les luttes ouvrières reste quelque chose d’étonnant lorsqu’on le compare à ses autres écrits.

Autres livres de l’auteur présents sur le blog :

Synopsis :

Darrell Standing, ancien professeur d’agronomie est enfermé en prison. Suite à une fausse accusation, il va se retrouver à l’isolement. Pour survivre, il trouve une méthode particulière pour s’échapper, s’évader du temps et de l’espace afin de revivre ses anciennes vies.

Appréciation globale :

Difficile de comprendre au début du récit, comme on va pouvoir tenir tout le long sans décrocher car le caractère répétitif du récit avec sa logorrhée envers le milieu carcéral et la gestion par le personnel pénitencier lasse assez rapidement. Heureusement, Jack London nous offre des histoires au milieu de ce carcan ce qui nous permet de découvrir d’autres horizons, bien loin des quatre murs de la prison.

Avis personnel :

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Présentation du livre :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

La narrateur nous annonce la couleur dès le début, ça ne va pas bien se passer et il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Mais le matraquage de cet élément associé au fait que l’on tourne en boucle sur les mêmes sujets au sein du pénitencier provoque à la longue un profond ennui. L’intérêt du personnage de Darrell Standing est présente par contre. On n’a pas son histoire, on s’est juste qu’il a du sang sur les mains sans beaucoup plus de détails. Ce qui nous attire, c’est sa rébellion, sa droiture et son envie de bien-faire. Et c’est grâce à ses compagnons d’infortune qu’il gagne un peu plus d’épaisseur.

Je passe rapidement en revue mes nombreuses existences, dans les temps les plus divers, dans les endroits les plus variés. Je n’ai jamais connu de tortures plus cruelles, ni de cruauté plus terrible que celles qui constituent notre système carcéral actuel. Je vous ai dit tout ce que j’avais enduré dans la camisole de force et dans mon cachot d’isolement au cours de la première décennie du XX ème siècle après Jésus-Christ. Dans les temps anciens, nous punissions d’une façon très rigoureuse et nous donnions la mort rapidement. Nous le faisions parce que nous en avions décidé ainsi, par caprice, si vous voulez. Mais nous n’étions pas hypocrites, nous ne faisions pas appel à la presse, au clergé ni à l’université pour nous approuve dans nos élans de sauvagerie. Ce qui nous avions décidé, nous l’accomplissions la tête haute, et nous attendions les reproches et les critiques toujours bien droits ; et nous n’avions pas besoin de nous réfugier sous les basques des économistes classiques et des philosophes bourgeois ni sous les ailes des prédicateurs patentés, des professeurs et des journalistes.

Mais une fois que l’on a plonge la première fois dans une de ses vies antérieures, on est comme drogué, et on souhaite comme lui y retourner le plus vite possible d’autant plus que la vie en prison semble d’une monotonie sans nom et n’apporte donc plus aucun attrait. Toutes les histoires apportent quelque chose, présentent un intérêt, développent des éléments nouveaux. Elles sont totalement vivantes et incarnées. Tant qu’il reste lui-même d’ailleurs elles conservent de l’intérêt. Une fois qu’elles commencent à être racontées de plus loin ou simplement évoquées, elles manquent d’impact et magnifient bien trop le personnage.

Il y a d’ailleurs un élément étrange car il évoque le fait que les réincarnations peuvent se faire dans des corps de sexe différents, mais à chaque fois, il évoque ses expériences qu’avec des exemples masculins et plutôt flatteur. Il est certain que l’on pourrait considérer cela comme des morceaux choisis parmi les meilleures / aventureuses vies, néanmoins, je trouve qu’il a une certaine ambivalence avec les femmes qui m’a un peu déplu.

Dans les précédentes vies qui m’ont marqué, je pense tout d’abord à celle où il est enfant et qu’il voyage avec ses parents à travers les USA et arrive à un moment en territoire Mormon. L’aventure est pleine de frisson, une grosse tension règne et j’avoue avoir été étonné par la chute. Les chutes ou les derniers arcs narratifs des aventures sont d’ailleurs bien souvent surprenants. Vient ensuite l’expérience pas loin de Robinson Crusoé. Puis l’aventure en Corée et la vie autant du Christ. Chacune a un attrait particulier et donne à voir des aspects différents de la personnalité humaine. On peut d’ailleurs noter que dans une grande partie des différents récits la religion chrétienne a une grande place ou on a un personnage principal avec un fort ego (ce qui se raccroche beaucoup avec Darrell Standing). Elles sont quasiment agencées pour passer d’un orgueil prédominant à une profonde humilité. Seul le récit autour du Christ lie les deux.

Ce n’est pas tout à fait ce que je cherchais et pensais que ce serait à la base plus que je croyais que cela allait être plus mono-centré sur la prison et les conditions dans lesquels vivent les prisonniers. De la manière dont c’est rédigé, c’est une bonne chose que l’auteur est ouvert le récit car finalement, il n’a pas grands choses à dire dans ses dénonciations et les différentes vies sont intéressantes. Néanmoins, je suis étonné que le livre ait eu autant d’impact sur les conditions de rétention au vu de son caractère roboratif, j’avais pensé à un ouvrage plus près du Peuple de l’Abîme qui mettait bien en valeur par un témoignage in situ, les conditions déplorables des classes les plus populaires de Londres.

Arck,

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