Sorceleur : les Origines – Andrzej Sapkowski

 Avant-propos :

En 2007 sortait le jeu The Witcher. Un phénomène vidéoludique qui allait engendrer 2 suites apportant beaucoup au jeux-vidéo. N’ayant pas eu l’occasion de me jeter dessus à sa sortie, j’ai longtemps rongé mon frein en me disant que je franchirais bien le pas un jour au l’autre. J’ai vu des amis y jouer, certains passages du jeu et des mécaniques et j’avais trouvé l’univers intéressant, sans pour autant me plonger à fond dans l’aventure. C’est plus difficile lorsqu’on arrive en cours de route et que l’on ne maîtrise pas l’aventure. Et puis…

Et puis, j’ai appris que c’était à la base des livres écrits par un écrivain polonais. Pas étonnant que ce soit un studio polonais qui est bien senti le coup pour s’inscrire dans cet univers. Je me suis alors dit qu’il serait pas mal que je jette un coup d’œil à ses livres. Le temps a passé, j’ai longtemps repoussé ma plongée dans les jeux notamment pour des raisons techniques puis, par une envie farouche de découvrir les bouquins avant l’adaptation. J’ai reçu d’ailleurs le Dernier Vœu à un Noël d’ailleurs, mais je ne l’ai jamais lu. J’avoue qu’à l’époque, je n’avais pas fait le rapprochement. Il est donc allé dans les piles des livres non-prioritaires que je lirais bien un jour…

Fin 2016, Bragelonne décide de rendre hommage à son auteur et sa création en sortant une édition collector pour les 30 ans de la sortie de sa première nouvelle, Le Sorceleur (Wiedźmin). Il serait enfin temps que tu t’y lances me dis-je et ni-une ni-deux, je me l’achète. Après avoir lu un certain nombre de livres achetés l’année dernière, il était alors grand temps de passer à celui-ci.

Malheureusement pour moi, après voir lu les 3 tomes qui composent cette édition, je suis encore loin de me lancer dans l’expérience vidéoludique. Je me dis que ça serait bête de passer à côté des 5 romans. D’autant plus que la Saison des Orages met particulièrement en appétit !

Auteur : Andrzej Sapkowski

Né en juin 1948, Sapkowski a étudié à l’économie à l’Université de Łódź et travaillé dans une compagnie d’échanges internationaux en tant que représentant des ventes. Avant de se lancer dans l’écriture, sa première approche avec l’édition littéraire s’est faite par le biais de traduction de roman de Science-Fiction. Sûr de lui, il décide d’écrire une nouvelle lors d’un concours d’un magazine polonais de fantasy et SF. Sa nouvelle est accueillie avec succès et remporte le 3me prix. Suite à cela, il complète l’histoire à travers d’autres nouvelles qui vont faire de lui un des auteurs polonais les plus connus au cours des années 90.

Présentation du livre :

Cette édition spéciale présente 3 livres :

  • Le Dernier Vœu (2003) – Ostatnie życzenie (1993) qui est un recueil de 7 nouvelles dont celles présentes dans le premier recueil le Sorceleur (Wiedźmin). L’agencement est différent et est agrémenté d’interludes
  • L’Épée de la Providence (2008) – Miecz przeznaczenia (1992) composé de 6 nouvelles
  • La Saison des Orages (2015) – Sezon burz (2013)

Si au premier abord, on peut se demander pourquoi ce choix a été fait par Bragelonne, en fait, il est à la fois judicieux et logique. D’une part, il s’agit pour une partie des premiers récits de l’auteur dans l’univers et d’autre part, elle permet de garder cohérence avec les ouvrages suivants qui sont directement liés entre eux.

L’édition porte le symbole du collier de Geralt tel qu’il est représenté dans le jeu en relief sur une couverture cartonnée solide. Je regrette l’absence d’une illustration plus agréable mais Bragelonne fait bien souvent des choses simples pour ses collectors. Une bonne note pour une courte préface de Stéphane Marsan qui raconte aventure tchèque l’amenant à découvrir cet auteur.

Les intérieurs présentes la carte du monde imaginé par Sapkowski. Enfin, des illustrations venant du travail de CD Projekt viennent compléter l’ouvrage. Leur qualité est, à mes yeux, très variable.

Synopsis :

Nous allons suivre sur plusieurs courtes aventures pour les deux premiers tomes et une longue pour le dernier, celles de Geralt de Riv, sorceleur de son état. Il s’agit d’un mutant ayant subi un entraînement et des modifications physiques afin de pouvoir se battre contre tout un ensemble de créatures plus ou moins maléfiques.

Appréciation globale :

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des tomes avec peut-être une préférence pour les nouvelles, format que je trouve ici bien maîtrisé et en complet accord avec les missions de Geralt. Elles tournent cependant bien souvent autour du fusil de Tchekhov ce qui casse un peu l’intérêt de la nouvelle lorsqu’elle arrive un peu comme un cheveu pour la soupe. Cela permet néanmoins à l’auteur de nous faire prendre connaissance au fur et à mesure d’aspect du monde et de Geralt sans passé par un schéma que l’on retrouve dans les romans.

L’aventure de Geralt dans La Saison des Orages apporte aussi son lot de développement mais j’ai trouvé les prétextes à l’aventure beaucoup moins adroits.

Avis personnel :

Au début, je voulais prendre le temps de venir ici amender à chaque fin d’ouvrage pour faire un commentaire le plus pertinent et complet sur chacun des différents tomes, mais j’avoue que je n’ai pas eu la motivation pour le faire. Je vais bien les séparer, mais je fais tout d’un coup.

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)
  • Le Dernier Voeu

La première nouvelle, Le Sorceleur, nous met directement dans le bain avec le contexte politique de la mission plus qu’il s’agit de la fille du roi Foltest. Le fait ou non de tuer cette enfant strige, les motivations de chacun et surtout Geralt au milieu de tout cela qui souhaite le moindre mal. Il parle à tous d’argent, mais ce n’est pas vraiment cela qui le préoccupe le plus.

Les deux suivantes sont rondement bien menées et apportent un peu d’humour mais aussi un cadre tragique qui débouchent sur la nouvelle Une Question de Prix où on marche sur des œufs. La reine Calanthe n’arrête pas de faire des allusions à Geralt, le cadre particulier d’un huit-clôt durant un repas laisse suggérer le pire. Le renversement de situation et la mise en scène est grandiose. C’est un autre versant de l’auteur que l’on a là et une aventure toute aussi intéressante que celles qui peuvent sembler plus périlleuses lors de confrontation avec des monstres.

On rencontre à la fin le grand amour de Geralt, Yennefer. Les interludes nous ont bien mis en évidence toute les difficultés de leur relation et nous prépare bien le terrain pour un récit entraînant qui une nouvelle fois nous met dans une position où on ne sait pas sur quel pied danser.

  • L’Épée de la Providence

La première histoire donne l’eau à la bouche plus qu’elle nous amène vers une chasse au dragon en bonne compagnie et avec une quantité impressionnante de personnage et de rebondissements qui fait que l’on ne sait pas où donner de la tête. Ce qui est intéressant c’est de voir les différentes motivations qui poussent Geralt à participer à la chasse. Lorsqu’on lui présente la quête, il a tout sauf envie d’abattre le dragon. La présence de Yennefer y est donc pour beaucoup. Elle qui court après un remède pouvant combattre sa stérilité, elle se retrouve face à son amant et son refus de l’aider en faisant tout pour laisser le dragon en vie.

L’histoire suivante entreprend d’aller un peu plus loin dans l’intimité de Geralt et Yennefer et de la difficulté de leur relation. Le comportement de Geralt et du magicien Istredd, qui font tous les deux d’une certaine manière la cour à la magicienne, nous étonne par leur futilité tout en restant au fond authentique. Cette double liaison et l’absence de choix (délibérée ou non) amènent à une situation dantesque qui se finit toutefois avec une grâce particulière quand Geralt refuse le duel.

Vient ensuite Une Once d’Abnégation qui est particulièrement émouvante de par sa fin. Les débuts font penser à la Petite Sirène plus qu’il s’agit d’un roitelet qui souhaite se marier avec une sirène. Mais c’est la conquête amoureuse de Geralt, Petit-Œil qui apporte le réel intérêt à nos yeux aussi du récit. L’aventure n’est pas extraordinaire, on l’a suit d’ailleurs comme dans un rêve dès qu’Essi Daven apparaît et capture par son charme le sorceleur. La beauté de la dernière partie, courte mais tellement efficace, m’a mis les larmes aux yeux.

Les deux nouvelles qui finissent le récit se suivent et sont des introductions au tome qui seront ensuite écrits. La première nous amène au sein du peuple des dryades avec une incursion dans leur territoire par Geralt. Elle amène Geralt à retrouver de manière impromptue ce qu’il avait évité de retrouver depuis bien longtemps… Ciri, la fille de Paveta et Duny. Cette dernière s’est enfuie du palais parce qu’elle commençait à en avoir marre des désirs de sa grand-mère de lui trouver un sérieux prétendant le plus tôt possible.

On la retrouve ensuite dans la nouvelle suivante qui douloureuse. Beaucoup d’événements se passent. Ce n’est pas seulement le Massacre de Cintra, la joie que l’on éprouve en revoyant Ciri. C’est aussi la rencontre entre Geralt et sa mère, une discussion entre Geralt et Calanthe… Une nouvelle fois, on est mis à fleur de peau de bien des façons.

  • La Saison des Orages

Geralt arrive après une mission dans la ville de Kerack, là les tuiles lui tombent dessus les unes après les autres. Il part en prison, se retrouve privé de ses épées. Au milieu de tout cela, Lytta Neyd ou Corail est l’instigatrice de ces jeux. Tout ça pour attirer Geralt, un peu extrême comme solution. Cela dit, c’est assez efficace plus que dès leur deuxième rencontre, il finit par passer une semaine entière avec elle.

Cherchant toujours à retrouver ses épées, il se retrouve au milieu d’un complot sur la personne du roi qui aurait lieu lorsque ce dernier se marierait. Si Geralt accepte de travailler pour l’un des fils du roi, les charges qu’il a au tribunal seront effacées et on l’aidera également pour les épées.

Ensuite, il part pour le château de Rissberg sur la demande de Corail. Là-bas, on a besoin de ses talents de sorceleur pour tuer des monstres. Il se trouve que c’est l’un des magiciens du château qui tue à tout va les paysans du coin. En essayant de le capturer, il se fait téléporter loin de là, en pleine escarmouche sur la frontière de la part des rédaniens. Il fait la rencontre du nain Addario Bach avec lequel il tente de rejoindre Novigrad pour récupérer ses épées (il ne perd pas le nord). Malheureusement pour lui, il prend le mauvais bateau. Encore issu d’un mythe où l’enfant est enlevé et devient autre chose. Ici une aguara. C’est étrange de voir comment Geralt se sent impuissant face à ce type de créature. Il cherche la conciliation, le moindre mal tout en étant tiraillé par le fait qu’il se refuse à laisser des humains mourir.

Heureusement pour lui, il arrive à se sortir des illusions mais pas à temps pour arriver à Novigrad à temps. Il manque donc les ventes aux enchères et ses épées. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que Yennefer s’est chargée de les racheter à sa place. Dans son malheur, il se rattrape d’un certain côté en éliminant définitivement Degerlund grâce notamment à l’aide d’un lycanthrope qui renforce un peu plus l’image du sorceleur comme quelqu’un de respectueux envers chaque être vivant.

Il revient à temps pour le mariage du roi Belohun mais ne peut l’empêcher de mourir malgré ses pressentiments. La tempête qui suit scelle sa relation avec Corail mais aussi sa volonté de quitter au plus vite la ville. On la retrouve un peu plus tard à discuter avec Yennefer de cette aventure et du retour de Mosaïque avec l’évocation de la lettre et de la fleur, tout ce qui reste après que le sorceleur ait décidé de fuir loin d’elle.

De son côté, Geralt est à deux doigts de quitter le royaume. Suite à un affrontement dans une auberge, il récupère fortuitement (un peu trop peut-être) ses épées. Et son adversaire fait allusion à la première nouvelle du Dernier Vœu comme pour boucler la boucle.

Mais avant de clôturer, une dernière courte frayeur avec l’apparition de l’aguara qui lui indique qu’il a en fait d’une certaine manière sauvé sa fille et donc qu’il n’aura finalement rien à craindre d’elle.

Quelques éléments supplémentaires font allusions à Nimue, jeune fille dont on apprend plus de chose dans La Dame du Lac.

D’un certain côté, ça faisait un peu fourre-tout et prétexte fallacieux à l’aventure, mais je trouve que globalement, c’était plutôt bien ficelé.

Si vous avez la possibilité d’acheter cette édition unique, foncez. Sinon, je vous conseille de prendre chaque livre de manière malheureusement séparé et notamment les recueils de nouvelles.

Arck,

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