La Stratégie Ender – Orson Scott Card

 Avant-propos :

De nombreuses personnes m’avaient conseillé de lire ce livre, un ouvrage important de la science fiction des années 80. C’est donc au détour d’une discussion avec un libraire que j’ai franchi le pas sans pour autant aller chercher les volumes suivants dont j’ai eu également plusieurs échos négatifs. Je tiens à signaler également que l’on m’a révélé une partie de l’intrigue qu’il m’a été donc difficile d’apprécier à sa juste valeur ce roman.

Auteur : Orson Scott Card

Né en 1951 dans l’État de Washington, cet auteur de confession mormone a débuté sa carrière comme missionnaire au Brésil. Après cela, il revient dans l’Utah pour travailler au sein de la Brigham Young University où il achève son master d’anglais en 1981 et poursuit avec un doctorat. Entre temps, il a déjà réussi à publier une nouvelle en 1977 puis son premier roman (Une planète nommée trahison) en 1979. Sa carrière prend son envol en 1985 avec La Stratégie Ender puis La Voix des Morts qui reçoivent tous deux, les prix Hugo et Nebula. Il continue d’étoffer par la suite Le Cycle d’Ender avec de nombreux romans, nouvelles, développant aussi des personnages secondaires, les événements passés et futurs.

Il s’aventure aussi dans l’univers de la Fantasy et s’écarte sans problème du Cycle d’Ender pour développer d’autres récits.

Présentation du livre :

Synopsis :

Andrew Wiggin dit Ender, n’est pas un enfant comme les autres. C’est un enfant conçu dans le but de faire de lui le plus grand général de tous les temps. Le seul capable de rivaliser avec la menace des doryphores/formiques (selon la traduction) qui ont déjà été repoussés par deux fois mais au prix de terribles pertes humaines.

Appréciation globale :

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce livre. J’ai eu un peu de mal avec les premiers chapitres qui placent Ender comme une victime autant dans son foyer qu’à l’école. Mais une fois qu’il prend son envol, le récit nous tient en haleine quasiment de bout en bout avec des rebondissements, une tension croissante et un Ender toujours en proie à la fois à cette espèce de solitude du général et à un bouillonnement intérieur traduisant sa situation de cerveau manipulé faisant face à des adultes qui ne reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs.

Avis personnel :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes) Et l’ayant subi pour ce roman, soyez d’autant plus vigilant !

Le tout début est assez intriguant et j’avais que je me disais que c’était mal parti. Brutalisé par ses camarades de classe, il franchit le pas se venge brutalement. Puis, il arrive à la maison pour retrouver un nouveau tortionnaire avec son frère, alors que sa sœur lui vient en soutien. Heureusement, ça se décante rapidement avec l’apparition des militaires qui l’emmène dans la station spatiale où son potentiel va se révéler. Ce qui durant l’ensemble du récit est particulièrement réussi, c’est le début des chapitres avec les discussions qu’il y a entre les pontes militaires sur l’avenir d’Ender et les conditions qu’ils lui font subir.

A la fois conscient de la situation, des manipulations et des souffrances engendrées chez l’enfant tout en assumant complètement pour le bien de l’humanité, tout en ne pouvant s’empêcher de douter de la méthode employée. Ender va à partir du moment où il rejoint l’armée que de rares moments de répits. Le reste du temps, il est constamment mis sous pression. On lui donne une problématique qu’il se met plus ou moins rapidement à résoudre, autant par une gestion logique qu’humaine et dès qu’il arrive enfin dans une zone de confort, on modifie les règles.

On s’attache donc rapidement à Ender car il a le désir de bien faire, du mieux qu’il peut tout en cherchant le plus possible l’équité et une absence totale de conflit, alors même qu’il doit annihiler une menace extraterrestre ! On se révolte avec lui contre ses adolescents et adultes qui lui mettent des bâtons dans les roues et on vibre avec lui pendant chaque affrontement. Mais si sa suprématie est bien brin ennuyante car la victoire lui est tout le temps acquise, on mesure toute la difficulté et tension psychologique qu’on lui demande.

Par contre, j’avoue avoir eu peu d’intérêt pour les intrigues mis en place par Peter & Valentine sur Terre. Ça fait partie des éléments un peu anachronique avec la situation similaire à la guerre froide présente dans le livre. Leur montage est audacieux, mais c’est très étonnant que cela amène à se déboucher. Ça m’a également amener à me poser des questions sur leurs parents. Si les enfants Wiggin sont tous des super-doués. Les parents ne semblent pas en capacité d’inventer l’eau tiède. Cela renforce d’ailleurs cette dichotomie entre les adultes et les enfants et leur rôle qui semble inverser entre sur Terre (civil) et dans l’espace (militaire).

La partie où Ender est dans cette espèce de jeu vidéo m’a un peu étonné. Je me suis dit que c’était un outil pour suivre un peu son évolution mentale mais ça m’a un peu échappé au niveau de son intérêt. C’est normalement une échappatoire d’un monde réel qui est tout sauf agréable pour lui, une sorte de refuge qui s’avère pour autant tordu et parfois bien plus cruel.

L’ensemble de la première partie du roman dans l’école de guerre est jouissive car on monte crescendo en puissance et avec Ender qui s’affirme comme un chef plus aux regards des autres par son sens de la stratégie avec des personnages secondaires que l’on développe un peu, un jeu dont on appréhende autant les prochaines rencontres que celles d’une équipe de sport vu que l’on comprend assez rapidement les règles du jeu.

J’ai trouvé étrange la parenthèse sur Terre avec la visite de Valentine. Il y avait comme une guerre froide, une tension qui voulait crever comme un abcès mais qui n’a pas réussi à sortir et qui rendait le cadre apaisant de la maison près du lac étrange.

J’ai eu plus de mal à me projeter dans la seconde partie avec la rencontre Mazer Rackham et leurs faux duels. Je pense que c’est en grande partie parce que je savais que c’était faux plus que l’on m’avait révélé cette partie, ce stratagème qui a brisé une partie de mon attention. Je n’ai pas vécu cela comme un calvaire pour autant, mais soudainement, j’ai moins eu de passion. Même avec le retour de ses amis/subordonnés. Plus que ça, en fait, c’est la disparition du jeu, le désincarnement du soit pour devenir chef d’une escadrille de vaisseaux et non plus un fantassin qui m’a empêché de me plonger plus dans le récit.

Et finalement, Ender réussit avec brio à tuer les doryphores. Et, ce qui est génial, c’est la tristesse et la mélancolie qui se dégage de la fin de cet affrontement. La manipulation prend fin avec la disparition de l’ennemi et laisse le jeune homme vidé. Mais l’objectif a bien été rempli et cela fait écho au titre du roman, du moins en français. La stratégie Ender, c’est Graff qui l’a met en place, qui l’a construit de bout en bout même si plus le temps fil, moins il devient acteur et plus il regarde sa création juvénile et d’un certain côté monstrueuse détruire tous les obstacles qui se trouvent face à elle.

Après l’apothéose, retour sur le plancher des vaches avec l’immigration massive et la rencontre avec ces doryphores et la forme de connexion qu’ils ont eux aussi eu avec Ender. Une jolie morale de fin qui montre bien la difficulté de compréhension entre des inconnus et les velléités toujours vindicatives et oppressives de l’être humain, pas forcément valable pour tous, mais qui s’incarne très bien dans le climat de guerre froide et de volonté de suprématie absolue étasunienne.

Arck,

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