Les douze Rois de Sharakhaï (Sharakhaï 1) – Bradley P. Beaulieu

 Avant-propos :

Ce n’est pas tous les jours que Stéphane Marsan, le directeur éditorial de Bragelonne fait une vidéo pour promouvoir un auteur qu’il va publier. Intrigué, j’ai pris le temps de lire la 4me de couverture et la plongée dans un univers désertique m’a tout de suite intéressé. Beaucoup plus l’univers que l’histoire d’ailleurs.

Auteur :

Bradley P. Beaulieu est né dans le Wisconsin en 1970. Il commence à écrire à l’université où il étudie l’informatique. Il rentre chez IBM où il travaille jusqu’à ce qu’il décide de devenir auteur à plein temps mi 2016. Son premier livre publié est The Winds of Khalakovo en 2011 de la trilogie Lays of Anuskaya (pas publié chez nous à ce jour) grâce auquel il reçoit plusieurs récompenses et lui permettent de poursuivre l’aventure avec notamment la trilogie dans l’univers de Sharakhaï.

Présentation du livre :

On appréciera une nouvelle fois le travestissement du nom de la série. Ce n’est bien sûr pas Sharakhaï, mais The Song of the shattered Sands que l’on pourrait traduire par Le Chant des sables brisés. Si je tire ce coup de gueule, c’est que c’était déjà le cas pour les Blood Song d’Anthony Ryan qui sont à la base des Raven’s Shadow.

Synopsis :

Le quotidien de la jeune Ceda alterne entre combat dans les arènes de Sharakhaï et diverses missions pour le compte d’Osman. Mais son rêve est d’entrainer la chute des douze rois de Sharakhaï responsables de la mort de sa mère. Des souverains immortels qui gouvernent sans partage et de manière autoritaire la cité depuis plusieurs siècles. Sa vie bascule lorsqu’elle part en mission la nuit de Beht Zha’ir où les horribles asirim hantent la ville à la recherche d’âmes.

Appréciation globale :

Nous nous retrouvons dans un univers qui est intéressant avec une ville centrale dans le désert et des tribus qui gravitent autour. Un sentiment ambigu d’attirance et de rejet pour des nomades de cette cité. La puissance de ses rois amène la même ambivalence. Les éléments posés donne un attrait réel pour l’histoire. Cependant, c’est selon moi tiré vers le bas par son contenu qui contrairement au contexte ne sort pas assez des sentiers battus et propose pour le moment une aventure somme toute classique qui se laisse toutefois suivre grâce aux talents de conteur de l’auteur.

Avis personnel :

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(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

Tout débute avec un court affrontement dans les arènes. On enchaine avec une scène de sexe décrite avec la retenue classique des anglo-saxons. Après cette double-ouverture, on en apprend plus sur Sharakhaï, l’univers et Emre. Cette courte introduction amène aussi à un premier flashback de Ceda et d’autres suivront. D’abord axée autour de sa relation avec sa mère, cela continuera en pointillé avec des événements donnant plus de profondeur à la jeune fille et à ses compagnons.

De même, la narration va s’ouvrir au fur et à mesure avec le point de vue d’Emre, Ramahd et le roi éloquent. Emre permet un contre-point intéressant de Ceda car il reste en partie en retrait de l’aventure et sa trajectoire vers un certain opposé apportent forcément un complément. D’autant plus qu’en rejoignant ce camp, il leur apporte de l’épaisseur. Néanmoins, j’ai trouvé que c’était fait d’une manière prédictible et dont la justification était un peu molle à mon goût. Il fait penser à ce besoin de contre-balancer de l’épique par une autre aventure extraordinaire pour ne pas le laisser derrière, que le lecteur perde de l’intérêt pour le personnage. D’autres enjeux auraient tout à fait pu fonctionner sur lui.
Après, je comprends tout à fait le choix de l’auteur comme je l’ai dit plus haut sur Emre (ça aurait pu être Davud) pour un besoin de développement. J’aurais aimé alors que ce soit moins fragmentaire car les étapes ne sont implications sont trop minimes à mon goût pour la confiance qu’il a accumulé et les rôles qu’on lui donne.

Le fait que Ceda rejoigne les Vierges du Sabre était couru d’avance. Le tout était de savoir quand et pourquoi. Savoir si sa mère avait eu un enfant avec un roi où si elle était une Vierge du Sabre était rapidement la seule inconnue au tableau. D’ailleurs, leur nom est bizarre étant donné qu’une certaine frivolité de leur part semble être autorisée. On a eu d’ailleurs un simple aperçu de cet Ordre et on en apprendra sûrement plus dans le tome précédent. Ca risque de potentiellement rester superficiel car le récit s’est accéléré un peu vite.

La trame s’agrandit plus que les Hôtes sans Lune ne sont plus des acteurs à négliger mais deviennent des adversaires à part entière avec la résurrection d’Hamzakiir et la mort de Külasan. Sans compter le fait que Ceda soit maintenant comprenne maintenant un peu plus de son passé. Un de moins, encore onze et une menace maléfique qui se profile à l’horizon, apportant ainsi de la tension pour jouer sur plusieurs tableaux entre la volonté de vengeance et un Hamzakiir qui s’avérera surement un homme tout sauf honorable.

Et pour moi, c’est l’accumulation de détails où je me dis que l’auteur prend un chemin convenu ou ne va pas assez loin qui m’empêche de crier sur tous les toits à une réussite. Il y a une kyrielle d’exemples qui jonchent le livre et qui brident le potentiel de ce premier tome. En espérant que les suivants me fassent mentir car l’avenir me semble plus sombre qu’enchanteur.

Arck,

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