Elric (Cycle) – Michael Moorcock

Ca m’aura pris un peu de temps pour parcourir ce cycle et je n’ai pas eu l’occasion d’en lire l’intégralité. Néanmoins, je pense avoir suffisamment fait le tour pour pouvoir donner un avis sur cette saga. Je l’ai d’ailleurs lu car, il m’a semblé qu’il s’agissait de l’une des nombreuses références classiques du genre.

Auteur :

Michael John Moorcock est un écrivain anglais né en 1939. Il a notamment été éditeur du magazine New World a deux reprises (1964-71 et 1976-96) et encouragea alors le développement de la nouvelle vague de la science-fiction. Il est particulièrement connu pour le personnage d’Elric de Melniboné au sein d’un multivers qu’il ne cessera de développer.

Présentation du livre :

Il existe deux maisons d’édition qui proposent de suivre Elric dans ses aventures. Il m’a été offert une intégrale de chez Omnibus sortie en 2006 et c’est donc sur mon expérience de cet intégrale-là que je donnerais mon opinion. Cela dit, il me semble que la traduction n’a pas été révisée depuis sa première parution en France. De plus, il y a une flopée de traducteurs différents et on se trouve avec du papier bible, je ne peux donc que vous conseiller de passer votre chemin.

La version proposée par les éditions Pocket (9 tomes ou 3 intégrales) est plus ou moins indique si ce n’est que les premiers tomes ont été retraduits. Je trouve cela dommage que personne ne se soit attelé pour nous faire quelque chose de complet et cohérent de bout en bout.

  • Elric des dragons (1987) – Elric of Melniboné (1972)
  • La Forteresse de la Perle (1990) – The Fortress of the Pearl (1989)
  • Le Navigateur sur les mers du destin (1988) – The Sailor on the Seas of Fate (1976)
  • Elric le Nécromancien (1986) – The Weird of the White Wolf
    • Le Songe du Comte Aubec – The Dream of Earl Aubec (1964)
    • La Cité qui rêve – The Dreaming City (1961)
    • Tandis que rient les Dieux – While the Gods Laugh (1961)
    • La Citadelle qui chante – The Singing Citadel (1967)
  • La Sorcière dormante (1984) – The Sleeping Sorceress (1971)
  • La Revanche de la Rose (1994) – Revenge of the Rose (1991)
  • L’Épée noire (1984) – The Bane of the Black Sword
    • Le Voleur d’âmes – The Stealer of Souls (1962)
    • Les Rois oubliés – Kings in Darkness (1962)
    • Les Porteurs de flammes – The Flamebringers (1962)
    • Sauver Tanelorn – To Rescue Tanelorn (1963)
  • Stormbringer (1984) – Stormbringer
    • Le Retour du Dieu mort – Dead God’s Homecoming (1963)
    • Les Frères de l’épée noire – Black Sword’s Brothers (1963)
    • Le Bouclier du Géant triste – Sad Giant’s Shield (1964)
    • Le Trépas du Seigneur condamné – Doomed Lord’s Passing (1964)
  • Elric à la fin des temps (1994) – Elric at the End of Time (1984)

Il y a et il y aura sûrement d’autres histoires autour du personnage d’Elric mais avec celles-ci, je pense que l’on a un aperçu suffisant.

Synopsis :

Sur l’île aux Dragons, le très ancien royaume de Melniboné qui régnait jadis sur le monde connu perd peu à peu de sa superbe. Depuis son trône de rubis Elric, le roi albinos règne sans vraiment prendre part à la décadence de son peuple. Maintenu en vie part des drogues et d’élixirs, il sent qu’il ne pourra pas longtemps empêcher les velléités de pouvoir de son cousin Yyrkoon qui est le frère de Cyromil, la femme qu’il aime.

Une attaque de pirate va déclencher une avalanche d’événement obligeant Elric à faire appel à son seigneur protecteur du Chaos, Arioch. Pour Elric, l’aventure ne fait que commencer.

Appréciation globale :

J’ai une opinion assez mitigée sur ce cycle Elric. Je peux comprendre qu’il ait pu répondre à une attente du public dans son temps au vu du peu de fantasy présente alors. Cependant, je n’ai pas apprécié bon nombre d’éléments des différentes histoires et surtout, je n’ai pas accroché au personnage d’Elric. Dure d’aimer suivre les aventures de quelqu’un auquel on n’arrive pas à s’identifier. Cela devient d’autant plus gênant qu’il n’a pas d’opposants attrayants pour lui faire face.

Il n’y a pas de personnages secondaires vraiment intéressants. Ils sont majoritairement présents pour être des faire-valoir du héros. Complètement soumis à Elric, ils n’ont presque aucun charisme et même Tristelune ne bénéficie par d’un traitement suffisant.

Le côté très bien mené est peut-être cette épée Stormbringer et son interaction avec Elric. Source de puissance mais également source de déboires.

Certaines ficelles scénaristiques sont utilisées très souvent (par exemple les invocations) ce qui gâchent en grande partie le suspense. Je ne suis pas particulièrement fan de la manière dont est abordée ici le multivers avec des aventures et des compagnons qui ne m’ont pas aidé à apprécier le récit.

Enfin, c’est flagrant par le biais de cette intégrale, mais la qualité d’écriture et des histoires sont très variables. Cela crée également parfois d’importante coupure scénaristique entre deux tomes. Le final avec l’énorme conflit dont lequel Elric a un rôle primordial à jouer est gâché par un manque de rythme et d’impacts.

Avis personnel :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

J’aurais pu faire un découpage par tome, mais en fait, je n’ai pas l’intention de le faire cette fois-ci. Les deux histoires que j’ai particulièrement aimé sont celles de la Forteresse de la Perle et de la Sorcière dormante. La première parce que l’on parcourir un monde onirique où Elric traverse différents univers et se trouve totalement épaulé dans cette quête. Il est le personnage principal mais vient en fait en renfort. La seconde, bien que le titre puisse faire penser à une revisite de la princesse aux bois dormant, l’histoire n’est pas de cet acabit et j’ai apprécié voir Elric dérouté un peu de sa quête de vengeance même si malgré tout, le déroulement fait qu’il se rattrape aux branches.

A l’inverse Elric et la fin des temps ou la Revanche de la Rose ne m’ont pas plu du tout. Je n’ai pas du tout été friand du multivers proposé par Moorcock. J’ai d’ailleurs apprécié que la dernière partie du Navigateur sur les mers du Destin. Les aventures proposées ne m’ont pas paru intéressante et avec une narration bien trop lourde à mon goût. Ensuite, je ne sais pas si c’est une volonté de faire semblant d’ancrer le récit ou de faire des hommages (clin d’oeil, faire des références…) à des auteurs, mais je n’apprécie pas cette trop forte interaction entre notre monde et ce monde imaginaire.

Bien que ce ne soit pas une simple opposition Bien / Mal, je n’ai pas accroché à la dualité Chaos / Loi. Peut-être du fait de l’omniprésence du Chaos et le peu d’apparition finalement de la Loi. Les membres de la Loi sont présents seulement lors de la bataille finale, sinon, ils sont simplement évoqués en tant qu’allégeance. De son côté le Chaos présente un bestiaire important et souvent, il est question d’utiliser une certaine faction pour lutter efficacement contre son adversaire.

Ceci me fait penser donc aux différentes invocations ou appels qu’Elric fait durant de nombreuses aventures et qui viennent bien souvent comme des deus ex machina. Finalement, c’est à peu de choses près la seule magie qu’il entreprend. Je généralise bien sûr que cela ne prend pas en compte que les interventions d’Arioch. Je parle aussi de toutes les entités animales et les esprits convoqués.

Ce que j’ai trouvé peut-être le plus gênant c’est la manière dont est gérée les interactions entre Elric et les personnages féminins. Comment dire. That escalated too quickly. Mis à part Cyromil qui est présente comme le premier amour d’Elric, ces autres conquêtes sont amenées de manière étrange. Il y a la séduction de Yishana qui parait étrange car il reste au premier abord le meurtrier de son frère. Sa brève relation avec Oone m’a déjà paru étrange, Myrryr futile, Myshella inutile. Mais là où on touche le fond avec Zarozinia. En à peine quelques instants, ils passent à l’acte.

Pour la première fois, il oublia Cyromil et Myrryr, tandis qu’ils s’inclinaient vers le doux humus, oublieux de Tristelune qui s’acharnait à polir son sabre avec une jalousie qu’il n’osait avouer.

Je ne sais pas si c’est parce qu’il est albinos ou du fait qu’il soit melnibonéen mais Elric se trouve dans l’impossibilité d’être discret et possède donc un charisme écrasant qui pousse ses interlocuteurs (à part peut-être Arioch) à lui obéir ou le servir avec une facilité déconcertante.

Des éléments que je retiens d’interessant, c’est la ville de Tanelorn et Rackhir. La citée présente comme intérêt de n’avoir aucune allégeance et tout en étant mythique et éternelle. Un havre potentiel de paix pour tout un chacun mais particulièrement difficile à atteindre. L’idée est poussée à son maximum car on pense que la ville n’existe pas ou plus et que c’est une quête obscure dans laquelle se lance des aventuriers comme Rackhir. L’archer tout vêtu de rouge gagne du galon lorsqu’il découvre enfin la citée. J’ai beaucoup aimé également le voyage dans les rêves effectués avec Oone comme guide.

Une saga qui fait donc peut-être partie du panthéon de la fantasy mais qui ne restera pas pour moi comme un chef d’œuvre du genre.

Arck,


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