La Voix du Sang (Blood Song 1) – Anthony Ryan

Nous sommes à la fin du mois de juin et je n’avais encore rien proposé ici, pourtant depuis les Cosaques, j’ai lu. Bon nombre de nouvelles de Tolstoï sont passées entre mes mains et j’ai dernièrement pu mettre la main sur les Récits de Sébastopol pour le lire directement. Cela dit, je n’avais pas de quoi présenter du contenu car la matière à présenter est fine et particulièrement diversifiée. Je pensais pouvoir exposer certaines choses mais ça me semble un exercice trop compliqué d’aller piocher à gauche à droite, comme ça, pour créer. J’espère pouvoir en faire une sur celui qui fermera cette parenthèse.

Avant-propos :

Mais venons donc au sujet du jour qui est Blood Song. Roman de fantasy annoncé en fanfare par Bragelonne, il faut le dire bien avant sa sortie.
Ce roman est le début d’une série (trilogie) écrite par un auteur anglais, Anthony Ryan.

Auteur :

Ce dernier est né en 1970 en Écosse mais se trouve depuis un grand nombre d’années à Londres. Diplômé d’histoire, il a passé 20 ans de sa vie à travailler en tant que fonctionnaire britannique avant de se lancer dans l’écriture. Il a auto-publié Blood Song car il avait essayé de nombreux refus avant qu’une maison d’édition lui offre enfin la possibilité de publier en juillet 2013. En parallèle, il travaille également sur un autre projet de SF Noir.

Présentation du livre :

Sa trilogie se nomme Blood Song et le premier volume La Voix du Sang (Raven’s Shadow) aura donc mis un peu moins d’un an pour être publié en France. Le deuxième tome Tower Lord sortira en anglais au début du mois de juillet de cette année.

Synopsis :

L’histoire nous retrace l’aventure du jeune Vaelin Al Sorna alors qu’un navire l’emmène dans l’arène meldénéenne dont il devra affronter le champion.
Enfant du célèbre Seigneur de Guerre, on l’oblige à quitter son foyer dès l’âge de 10 ans pour entrer dans le Sixième Ordre qui forme des combattants de la Foi défendant le Royaume Unifié.

Appréciation globale :

J’ai beaucoup apprécié Blood Song. Sans forcément le lire d’un traite, je l’ai trouvé agréable à la lecture et je ne me suis pas ennuyé. Je tique seulement sur certains éléments qui sont pour moi trop facile, déjà vu et revu, etc.
Cela dit, pour début c’est plus que bien ^^.

Je le conseillerai essentiellement aux personnes qui n’ont pas lu une grande quantité de fantasy ou qui ont envie de partir dans une nouvelle aventure sans pour autant vouloir être complètement perdue.
Un livre qui se laisse donc faire et je lirais certainement la suite, mais la série risque de ne pas rester dans les annales.

Prochainement :

Avis personnel :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

Ce tome est divisé en cinq parties. Il nous mêle le présent et le passé. Vaelin a été emprisonné pendant cinq ans dans les geôles impériales d’Alpiran pour le meurtre de l’Espoir, l’Héritier de l’Empire. Verniers, chroniqueur impérial lui sert de témoin mais est également présent pour vérifier que les préparatifs du duel suivent les exigences de l’Empereur. Vaelin doit rejoindre les îles meldénéennes pour payer son crime dans le sang de l’arène, de la main du champion de l’île, Atheran Ell-Nestra dit le Bouclier.

Verniers étant un ami proche de l’Espoir, ce n’est pas sans animosité qu’il accompagne Vaelin. Cependant, intrigué par le prisonnier, il pousse ce dernier à la confidence. On a alors le droit au récit de la première partie des aventures de Vaelin. Je précise en disant première partie car ce n’est que dans ce tome que l’auteur devrait se servir de cet outil narratif. Malgré le fait que Vaelin raconte son histoire à Verniers, il y a une différence entre le discours qu’il rapporte au scribe et celui que le lecteur lit. C’est une manière étrange de narrer plus que l’auteur nous explicite à plusieurs reprises la dichotomie des histoires. Verniers possède donc moins d’informations que le lecteur et fait fasse donc à plusieurs mystères non résolus entourant Vaelin.

Après une rapide présentation de Vaelin Al Sorna, on apprend qu’une tension existe entre sa mère et son père car son père étant Seigneur de Guerre, il part bien souvent au front ce qui répugne sa mère. Cette dernière finit par mourir et alors que la distance entre l’enfant et son géniteur est proche du gouffre par le mutisme paternel, ce dernier l’emmène soudainement aux portes du Sixième Ordre. En franchissant ces portes, Vaelin perd de manière contradictoire tout appartenance au monde extérieur tout en gardant son nom.

Il débute alors une longue phase initiatique en ce qui concerne son développement physique, psychologique mais également ses aptitudes aux combats et sa survie en forêt. Dans un faux-rythme où les sauts temporels sont nombreux, on accompagne notre héros dans l’accomplissement de son apprentissage au travers d’une multitude d’épreuves qui apparaissent subrepticement. Il grandit auprès de ces camarades de promotion : Caenis, Barkus, Northa et Dentos. Chacun a sa propre histoire et les relations entre les membres est à la fois pleine de rivalités et de solidarités. Ils sont cependant un poil trop caricaturaux pour moi.

Afin que le lecteur ne s’endorme pas au cours du récit, chaque épreuve présente, pour Vaelin, une facette particulière et en parallèle on s’attache aux différents protagonistes. Vaelin est rapidement mis en avant et prend en quelques sortes le commandement de ses acolytes.
Dans ce besoin de pimenter les choses, l’auteur ajoute de personnages que sont Frentis, un tire-laine qu’il fait rentrer dans l’Ordre et un chien Balafre qui aura un rôle et un intérêt maigrelet.

La rencontre entre Vaelin et le roi Janus va créer une deuxième partie du récit car cela clôt l’apprentissage du jeune homme au sein de son Ordre. Il est temps pour lui de participer aux conflits et aux batailles qui vont faire rage.
Désormais adulte, il part guerroyer à travers le Royaume Unifié au nom de son roi. Son premier coup d’éclat nous est narré de bout en bout puis les autres ne sont pas détaillés mais on comprend que le jeune homme prend de l’importance dans le Royaume à une hauteur trop douteuse à mon goût.

Le récit commence à se focaliser beaucoup plus sur Vaelin, on perd presque contact avec ses compagnons. Sa renommée et la dimension politique du récit avec le roi Janus et sa fille Lyrna détourne un temps l’attention du récit. D’autre part, ces complications entraînent une multiplication des doutes du héros. Il découvre peu à peu certaines choses et ne sait pas quoi faire.
Malgré tout ce que Vaelin peut dire ou faire, on sent que « La loyauté est notre force » n’est pas un adage en l’air tant il poursuit sa quête au détriment des autres. Pour lui, la seule solution est dans l’obéissance et il ne sort pas de ce carcan. Si quelque chose lui déplaît, il part trop souvent se réfugier vers quelqu’un de devoir qui lui impose sa soumission en échange de la résolution du problème.

Les intrigues avec Janus et Lyrna sont obscures. Si les intentions de Janus semblent être claires, les motivations réelles de Lyrna m’ont semblé plus difficiles à cerner. Mais si on va dans la facilité, on dira qu’elle a le béguin pour notre héros.

En fil rouge et au second plan se déroule un mystère entourant le Septième Ordre et un monstre capable de vivre à travers les agonisants connu sous le doux nom de Celui-qui-Attend. La révélation à la fin du volume est décevante ou mal placée/amenée pour apporter un réel sursaut d’intérêt au lecteur.

Vaelin possède un pouvoir issue de la Ténèbre qui s’appelle communément par son peuple La Voix du Sang, cette dernière lui porte conseils, serait capable de certains tours de magies, permet également de traquer (elle est pas appeler aussi l’Appel du Chasseur pour rien) de lire plus ou moins dans l’esprit des gens. Les capacités et limites du pouvoir en lui-même n’ont pas encore été complétement explicitées.
Il finit par trouver Ahm Lin un tailleur de pierre qui possède le même Don que lui mais au lieu de lui apprendre réellement comment gérer son pouvoir, il nous raconte son histoire… Il vient d’une contrée lointaine (extrême-Occident) gouvernée par un empereur marchand qui utilisait son pouvoir pour vérifier la véracité des propos des personnes s’entretenant avec lui. Il faut dire que c’est particulièrement intéressant dans le commerce et pour toute personne de pouvoir.

Je ne peux pas passer sous silence la romance avec Sherin qui est cousue de fil blanc. Son évidence et la tournure des événements font d’elle le dindon de la farce. La pauvre fille a un rôle pathétique malgré toute la force qu’essaye de lui donner l’auteur. Je la vois bien s’occuper d’un marmot dans le deuxième volume alors que papa court après on ne sait quoi.
Tant qu’on est dans les suppositions, je sens qu’une grosse ficelle est accrochée à la destinée de Caenis (une prophétie, nous disions…).

J’aurais cependant plaisir à connaître l’évolution de Northa par la suite. C’est un personnage que je ne suis pas arrivé à cerner mais la présence de Stella à ses côtés et le fait qu’il est quitté l’Ordre doivent avoir permis beaucoup de changement en lui. Néanmoins, je ne peux que m’attrister de la disparition de Dentos qui malgré son côté transparent était pour moi le compagnon le plus intéressant de Vealin.

Arck,


Une réflexion sur “La Voix du Sang (Blood Song 1) – Anthony Ryan

  1. Salut,

    Très bonne critique, et un bon éclairage sur les défauts du bouquin (même s’il manque les qualités !). Par contre, quelques petites balises spoilers pour le sort des compagnons de Vaelin ne serait pas de trop, pour ne pas gâcher la surprise des nouveaux lecteurs.

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