Les Cosaques – Léon Tolstoï

Héhé, sans être pour autant monomaniaque, on a cru comprendre (sans être en tord) autour de moi que j’avais apprécié Anna Karénine. Je me retrouve donc avec une jolie pile de Tolstoï sur les bras. J’ai déjà fini quelques nouvelles comme une compilation de courtes nouvelles (Le réveillon du jeune Tsar) Maître et Serviteur, La mort d’Ivan Ilitch. J’ai un autre stock de nouvelles et Hadji-Mourat sous le coude sachant que j’attends avec impatience Les récits de Sébastopol pour boucler ce chapitre Tolstoï ; quoique, j’ai également une biographie faite par Vladimir Fédorovski si le cœur m’en dit.

Présentation du livre :

Maintenant que cette longue introduction est finie parlons du présent sujet qui est ce court roman (ou la nouvelle) publié en 1863. Les Cosaques est une histoire romancée à partir de l’expérience que Tolstoï a eu en allant dans le Caucase en 1851.
Le Caucase est la région qui se trouve entre la Mer Noire et la Mer Caspienne. C’est une zone tribale entre la Russie et les Ottomans/turques. Après 1815 et le chute de Napoléon Ier, la Russie retourne a ses anciennes volontés impérialistes et décide de pacifier cette région qu’elle aura du mal à passer entièrement sous son contrôle à cause des résistances locales et d’un terrain favorable aux guérillas des résistants montagnards. Ici, il n’est pas question de parler de la politique de la Russie (ça sera le cas dans Hadji-Mourat).

Synopsis :

Tolstoï nous transporte dans une nouvelle région et raconte l’histoire du jeune Olénine qui quitte Moscou pour rejoindre le Caucase, en quête d’aventure et de dépaysement en rejoignant l’armée en tant que junker (jeune officier, aspirant). Olénine est très rapidement séduit par la nouveauté de la nature qui l’entoure que ce soit les montagnes ou la flore qui l’entoure. Il s’installe alors à un village (stanitsa) proche du Terek (fleuve important de la région).
Le récit est rempli de mot technique du Caucase dont certains sont passés au russe.

Avis personnel :

(/!\ il est fort probable que des révélations sur l’intrigue soient présentes)

Loin de chez lui, Olénine fait connaissance des us et coutumes par le biais d’Erochka, un vieux cosaque qui profite de sa générosité en boisson et qui a un statut particulier dans le village par son indépendance, ses amitiés et son amour de la chasse. Ce dernier profitera des nombreuses beuveries pour lui raconter des anecdotes de sa vie et peu à peu une amitié nait de ses deux compagnons malgré la réticence du valet d’Olénine, Jeannot.

De ce même village est natif Lucas qui est surnommé le Sauveur pour avoir sauvé un enfant de la noyade. Mais le jeune homme rêve à un plus grand destin. Lors d’un tour de garde auprès du Terek, il repère un Tchétchène qui tente la traversée et le tue. Sa renommée prend un nouvel essor, ce qui arrange le jeune homme car il désire se marier avec Marion, une très belle cosaque mais également la fille de la personne la plus gradée du village (chez qui loge Olénine).
Olénine sympathisera avec Lucas et lui offrira même un cheval car ce dernier a besoin d’une monture pour être considéré comme un cosaque à part entière. Lucas ne refusera pas l’offre, mais aura du mal à comprendre le geste et savoir que faire en retour.

A force d’être en contact avec les Cosaques, Olénine va apprécier leur vie et va peu à peu tomber amoureux de Marion. Doutant de lui-même, de ses sentiments et de ce qu’il doit faire, Olénine ne va pas cesser de réfléchir sur les actions qu’il doit entreprendre, tout en cherchant le bonheur qui ne lui semble pas accessible.

Le bonheur consiste à vivre pour les autres. C’est clair. L’homme a reçu un appétit de bonheur ; donc cet appétit est légitime. En le satisfaisant égoïstement, c’est-à-dire en recherchant pour soi richesse, gloire, commodités de l’existence, amour, il peut se faire que les circonstances ne nous permettent pas de satisfaire nos désirs. Ainsi, ce sont ces désirs qui sont illégitimes, et non l’appétit de bonheur ? Alors quels sont les désirs qui peuvent toujours être satisfaits, en dépit des conditions extérieurs ? Lesquels ? La charité, le renoncement !

L’arrivée de Biéletski, un ancien ami d’Olénine, crée un second souffle au récit en montrant la divergence d’attitude entre les deux jeunes gens. Olénine romantique, ne sait pas quoi faire entre son amour croissant pour Marion et le fait qu’il sait que Marion et Lucas sont déjà liés. De l’autre côté, Biéletski croque à pleine dent la vie au village en multipliant les réunions avec les jeunes villageoises.

Mais je luttais encore ; je me disais : est-ce possible d’aimer une femme qui ne comprendra jamais les aspirations profondes de mon âme ? Est-il possible d’aimer une femme pour sa seule beauté, une femme-statue ? Je me posais ces questions, et déjà je l’aimais, tout en refusant encore de croire à mon sentiment.

Deux événements importants interviennent coup sur coup et soldent le sort d’Olénine. Repoussé, il décide finalement de rentrer chez lui, avec comme seule personne pour faire ces adieux son ami Erochka. L’ensemble du village reste indifférent à son départ et même Marion semble complètement l’oublier.

J’ai apprécié ce récit du début à la fin, et si je dois vous conseiller de lire un passage, je ne peux que vous dire de lire celui où il écrit une lettre sans l’envoyer vers la fin du récit qui est particulièrement touchante (j’ai les yeux qui ont piqué).

Arck,


A vous de commenter !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.